Craft = indépendant?

19 Fév, 2020
La bière artisanale est sur toutes les bouches, que ce soit pour en boire ou en parler! Mais d’où vient cette tendance et que signifie-t-elle?

Initié sur la côte ouest des Etats-Unis dans les années 1980, la « craft beer revolution » est finalement arrivée en Suisse au tournant du siècle, après un ricochet au Royaume-Uni et en Scandinavie. 

Et depuis? Eh bien ce mouvement a pris de l’ampleur, les pionniers américains produisant aujourd’hui plus que les plus grandes brasseries suisses..! Outre-Atlantique toujours, cette notion de « craft » a été définie comme la combinaison de « petit » et de « indépendant ». Ces deux notions étant très relatives puisque le « petit » correspond là-bas à 9 millions de litres produit par ans, soit 2,5% de la production annuelle en Suisse, et que l’indépendance signifie que moins de 25% de la brasserie appartient à une entreprise active dans les boissons alcoolisées. Ce deuxième point à son importance, car depuis la décennie 2010, un nouveau mouvement se manifeste: le rachat de brasseries artisanales par des grands groupes brassicoles, qui perdent de facto leur statut de « craft » ou du moins pas mal de facettes sympathiques de l’idée qu’on peut faire d’une brasserie artisanale.
 
Qu’en est-il sur le vieux continent, et sur le plancher des vaches helvétiques plus particulièrement? Aucune régulation n’est en place en Suisse, ce qui laisse la place à toute interprétation. Pour notre part, nous estimons que la notion de « artisanat » est parfois galvaudée, que ce soit par des grosses brasseries aux méthodes clairement industrielles ou par des petites qui justifient ainsi un produit qui n’est pas à la hauteur des exigences du consommateur. Nous préférons ainsi souligner la notion d’indépendance, qui est devenue aujourd’hui le véritable élément de différenciation avec le monde industriel, dans lequel les grands groupes se rachètent entre-eux et se partagent la majorité du marché. En Suisse, c’est ainsi plus de 3/4 du marché de la bière qui est contrôlé par des multinationales.
Et chez Dr.Gab’s alors? Nous estimons que l’indépendance vis-à-vis de ces grands groupes est primordiale car elle nous permet d’être maîtres de notre destin. Ainsi, nous pouvons être à l’écoute de nos consommateurs, faire preuve de créativité dans nos bières et de réactivité dans nos projets. Cela garantit aussi un réinvestissement dans l’économie locale, que ce soit directement avec des fournisseurs ou indirectement avec des emplois créés dans la région. Alors que les consommateurs cherchent de plus en plus des produits qui font du sens, nous espérons faire partie des acteurs de ce changement et devenons un poil à gratter pour les multinationales de la bière. Ce changement n’est bien sûr possible qu’avec toute la communauté passionnée qui nous entoure, de ceux qui produisent de bonnes bières jusqu’à ceux qui en dégustent.